MATHAZINE

La revue de

l’institut de Mathologie- Pierre Gallais

Il faut parfois se mouiller !

au risque de se noyer  

si on n’a pas de bouée de sauvetage

ou quelque fil auquel se raccrocher !

Pour cet évènement le public est invité à écouter la musique en se plongeant ou s’immergeant dans l’eau chauffée à 33 degrés de la piscine. Les haut-parleurs sont immergés et aucun son ne sort à l’extérieur des bassins. L’écoute ne se fait plus par l’oreille mais par conduction osseuse de la boîte crânienne. Apesanteur et relâchement…. pour peu que vous ne soyez pas angoissé par l’eau … ce qui n’est pas notre cas …

Notre perception est assujettie à nos capteurs. En l’occurrence pour cet évènement, nos yeux, nos oreilles sont troublés. Nous ne nous aventurerons pas dans le domaine acoustique car nous avons guère écouté. Notez que le fait d’être sourd dans cette situation ne nous empêche pas d’entendre puisque les sons se transmettent directement à l’oreille interne, court-circuitant les tympans. Pour ce qui est de l’oeil nous pourrons plus développer. Dans toute occasion où nous intervenons dans l’espace avec des lignes nous avons un certain trouble surtout si l’environnement est obscur. Notre perception de l’espace relève de la géométrie projective même si il y a stéréoscopie. Ainsi deux lignes droites qui ne sont pas parallèles peuvent d’un certain point de vue nous apparaître telles et quelques mètres plus loin diverger. Aussi, parfois, d’un certain point de vue, une image qui nous satisfait dans sa composition peut être totalement désagréable d’un autre point de vue. Il n’y a plus de point de vue ni d’image privilégiés puisque nous nous déplaçons dans l’espace. Cependant si nous installons les lignes suivant certaines relations il se peut que ces relations demeurent perceptibles lors des déplacements. Comme en mathématique ce ne sont pas les objets qui comptent mais les relations entre les objets*. Dans cet exemple nous avons improvisé sans trop nous soucier des relations. La raison en est principalement la difficulté à construire une structure porteuse (discrète, sinon invisible) qui enjambe les bassins… dans le temps réduit qui était imparti. Les contraintes techniques prédominaient sur les contraintes mathématiques… sans oublier les contraintes de sécurité encore plus contraignantes !

Enfin quelques (e)auditeurs… éclairés et quelques galets suspendus

A suivre…

 Note :

            * Une relation simple qui demeure quelque soit le point de vue est, par exemple, le parallélisme. Un exemple plus élaboré consiste à placer quelques lignes parallèles dans un même plan oblique. En se déplaçant la sensation de plan coupant l’espace demeure. Il est possible de disposer ces lignes suivant une progression perspectiviste introduisant alors un trouble pour l’oeil qui, dans l’obscurité, ne peut plus percevoir le point de fuite et interprète… comme une impression d’agrandissement de l’espace ou de raccourcissement selon comment nous avons défini notre règle de fausse perspective. Ce sont là des exemples simples. Il y en a d’autres.  La poésie de la chose ? Elle ne se met pas en équation, n’est pas calculable… Les mathématiques ne sont que la charpente pour un édifice que la poésie habillera si nous réussissons à être … artiste.